IL Y AVAIT UNE SORCIERE qui PRATIQUE

IL Y AVAIT UNE SORCIERE qui PRATIQUE

LES SORCIERES DANS L'ANTIQUITE

Magie et Surnaturel :

 

La figure de la sorcière est présente depuis l’âge de pierre : dans les cultes rendus à la déesse mère, des rites agraires étaient pratiqués en hommage à la nature pour favoriser la fertilité de la terre, qui concédait la vie et la mort en un cycle perpétuel. Pour l’homme primitif, les profondeurs de la Terre renfermaient des forces mystérieuses et inconnues dominées par le soleil, source de vie et d’énergie, et par la lune, souveraine incontestée de la nuit au changement de saison, phase durant laquelle la nature sombrait dans un

sommeil profond.

L’homme primitif ignorait qu’il négociait avec le surnaturel, et il pensait œuvrer de manière très naturelle en exploitant les forces de l’Univers. Par la suite, ces forces furent considérées comme un outil de magie : l’art de maîtriser les forces occultes de la nature en les soumettant à sa propre domination, pour tirer profit de leur puissance au bénéfice ou au détriment des hommes, des animaux ou

des objets.

Les arts de la magie sont nés en même temps que la pensée humaine. En tout lieu, chaque peuple, au cours de son histoire, a adoré ou vénéré des divinités et des démons. Tout comme il y eut des prophètes, des magiciens, des sorcières, des devins et des saints, auxquels on attribuait des qualité supérieures dues à leur savoir antique des pratiques, des rites, des incantations, des cérémonies à caractères magiques et religieux, et à leurs expérience et leur connaissance des mélanges d’herbes et de pierres, des décoctions, des onguents, des médicaments ou des élixirs et de la façon de les préparer. De telles aptitudes leur garantissaient une relation directe et privilégiée avec le divin, car ils entraient en contact avec les démons et une multitude d’êtres fantastiques ou appartenant au monde animal,

végétal ou minéral, ainsi qu’avec les esprits des défunts.

 

Certains pensent d’ailleurs que de nombreuses gravures des cavernes du paléolithique représentent des rituels à visées magiques.

Dans l’Ancien Testament (I, Samuel, XXVIII, 1-25), face à la demande pressante du roi Saül qui se trouvait en grande difficulté à la veille d’une bataille, la magicienne de la ville d’Endor utilisa le rituel de la coupe pleine d’eau (équivalent de la boule de cristal) pour évoquer l’esprit du prophète Samuel, mais elle se fit d’abord promettre l’impunité car le roi avait auparavant banni du pays tous les magiciens

et les devins.

Les enchantements, les sortilèges et les arts divinatoires furent prédominants chez les Assyriens, les Egyptiens, les Phéniciens et les Grecs. On a retrouvé des papyrus magiques datant du IIe siècle avec J.-C. et dédiés à Isis, la déesse suprême de l’Egypte, archétype de la sorcellerie de toutes les époques et adorée au Moyen-Orient, en Grèce et dans tout le Bassin Méditerranéen. Ces documents donnent une « recette » permettant de « diagnostiquer » le mauvais œil en utilisant de l’huile et de l’eau, une pratique encore

utilisée de nos jours par ceux qui officient dans les arts de la magie.

 

Des nombreuses fouilles archéologiques romaines réalisées, il ressort que l’instrument le plus fréquemment utilisé pour œuvrer en magie, notamment maléfique, fut la defixio, sorte de tablette de plomb sur laquelle on gravait la malédiction qui devait frapper la victime. Ces tablettes, accompagnées de phrases rituelles magiques, de petits objets divers, ou de statuettes transpercées d’aiguilles, étaient généralement placées à l’intérieur des sépultures ou enterrées à proximité d’un

cimetière.

 

 

 

Portrait de la Sorcière :

 

L’interprétation de la représentation de la sorcière, écartelée entre le mythe et la réalité, a toujours été synonyme de contradictions et d’aspects multiples ; elle est enchanteresse, très belle et fascinante, comme ces magiciennes par antonomase que sont Circée et Médée, ou la terrible nymphe Egée dont les immenses pouvoirs occultes étaient consacrés à des rituels érotiques déchaînés. Mais c’est aussi une mégère d’aspect effrayant, maléfique et capable de changer d’apparence, comme les striges et les lamies, qui enlevaient les enfants nouveau-nés et dévoraient les hommes ; ou comme Lilith, le démon-vampire de la

tradition hébraïque.

Ces êtres, que leur nature même rendait extrêmement pervers, n’éprouvaient de plaisir qu’en faisant le mal, partout et à l’encontre de tous, et ils étaient assistés dans leurs

pratiques maléfiques par de puissants démons.

Au Moyen Age, l’image des femmes dépositaires de l’antique savoir de ces guérisseuses qui soulageaient les douleurs morales et physiques du peuple fut altérée et marquée du sceau des figures nocturnes abjectes décrites ci-dessus ; l’on en fit des sorcières malfaisantes, des femmes perfides, complices, succubes et maîtresse de Satan, capables d’accomplir toute sorte

d’infamie ou de délit.

Avec le soutien de la superstition, la sorcière fut alors associée à une créature démoniaque : maléfique et capable de provoquer des bouleversements météorologiques, des épidémies et des famines, elle pouvait modifier constamment son apparence ainsi que celle des autres, prendre l’apparence d’animaux monstrueux et se changer en oiseau de proie ou en chauve-souris pour voler la nuit, pénétrer dans les maisons et tuer les nouveau-nés dont elles buvaient le

sang.

 

Le Nom :

 

Strige : C’est dans une citation du poète Properce, qui vécut à Rome de 60 à 20 avant J.-C., que l’on rencontre pour la première fois cette référence aux chimères mi-chouettes mi-vampires, terme utilisé ensuite pour désigner les sorcières. Le mot « sorcière » vient du latin strix et du bas latin sortiarius, sors, sortis. Au pluriel, le mot « striges » désigne les effraies, ces oiseaux nocturnes qui poussent des cris terrifiants. Dans son œuvre intitulée Les Fastes, le poète latin Ovide (Sulmona, Italie, 43 avant J.-C. – 18 après J.-C.) en fait une description éloquente : « Il existe des oiseaux avides […], avec une grosse tête, des yeux fixes, un bec de rapace et des plumes blanches […]. On dit qu’ils arrachent les viscères des nourrissons avec leur bec, et qu’ils s’emplissent l’estomac de leur sang. On les appelle striges, et leur nom vient de ce qu’ils crient la nuit de manière horrible. Ou ils naissent oiseaux ou le deviennent par enchantement, ou

bien la litanie des Mars change les vieilles en oiseaux » (Les Fastes, VI, 133-142).

Les Mars étaient un peuple d’une région d’Italie centrale, appelée encore aujourd’hui Marsica, considérée avec l’Etrurie (la Toscane moderne) comme le lieu d’origine des sorcières, alors que l’on pensait que leur «

partie » était une zone comprise entre la Thessalie et la Thrace.

La nuit, les striges se transformaient en chauves-souris (le seul mammifère doté de mamelles et capable de voler) et partaient à la recherche des maisons où se trouvaient des nourrissons, qu’elles

allaitaient dans le seul dessein de les empoisonner.

 

Les Transformations en Animaux et les Sociétés de Diane :

 

Dès l’Antiquité, o a attribué aux sorcières le pouvoir de se transformer en

animaux ou en autres êtres grâce à leurs connaissances magiques.

Parmi les nombreux cultes païens liés à la société de Diane émerge celui de la nymphe Egérie, la divinité des fontaines, magicienne célèbre et prophétesse qui se rendait à des réunions nocturnes habillée en chèvre

(le nom allemand de la sorcières est Hexe, qui se réfère au grec aix, qui signifie « chèvre »).

Il semble d’ailleurs que les bacchantes, adeptes du dieu Bacchus, se vêtaient de peaux de chèvre et portaient des masques figurant des têtes de cerfs et des béliers ; après des libations abondantes, elles se

laissaient aller à des danses effrénées, lascives et érotiques.

Le déguisement et les masques qui accompagnaient souvent les représentations rituelles ont profondément ancré dans l’imaginaire populaire la conviction que les sorcières, grâce à leur art et à la complicité des démons, pouvaient réellement prendre l’apparence

d’animaux (chats, chiens, oiseaux), de monstres, etc…

 

Le Canon Episcopi et le Mythe de Diane :

 

Le culte de Diane fut le plus important et le plus fréquent des cultes païens qui existaient encore au Moyen Age. Diane représentait et incarnait Hécate, déesse de la magie et de la nuit, grande prêtresse en sorcellerie qui requérait le soutien des fantômes et des spectres. Invoquée par tous les mages pour des sortilèges, adorée au cours des cultes mystérieux et souvent cruels, elle apparaissait la nuit, tenant en main une torche allumée, et accompagnée de loups, de juments et de

chiens.

Le Canon episcopi, un capitulaire précédant de plusieurs siècles le [Malleus maleficarum[/i] (ou « Marteau des sorcières », 1486, célèbre traité destiné aux inquisiteurs), écrit au XIe siècle par les bénédictin Regione de Prum, contenait une série de questions que les ministres de l’Eglise devaient poser aux pénitents ou cours de la confessions. L’une d’elles se référait notamment aux vols de nuit à cheval sur des animaux, destinés à de rendre en groupe aux fêtes

dédiées à la déesse Diane.

 

 

Canon episcopi

 

« As-tu cru ou as-tu participé à cette superstition dont sont victimes certaines femmes scélérates, adeptes de Satan et trompées par des illusions diaboliques ? Elles prétendent et déclarent chevaucher certains animaux, aux heures les plus sombres de la nuit et en compagnie de nombreuses autres femmes et de la déesse païenne Diane, parcourir à la faveur du silence des distances immenses, obéir aux ordres de la déesse comme s’il s’agissait de leur maîtresse, et être à son service au

cours de nuits bien déterminées. »

Certains documents retrouvés concernant les procès en sorcellerie et datant de 1300 retranscrivent les confessions des suspectes, qui racontaient s’être rendues toutes les nuits du jeudi au vendredi aux réunions de la « Dame Orient », appelée aussi Diane. Durant ces réunions. Appelées « jeu » (le sabbat). De nombreux animaux étaient tués, cuisinés et mangés ; leurs os étaient ensuite replacés dans la peau et les animaux revenaient à la vie grâce à un coup de baguette magique de Dame Orient. Cette dernière enseignait à ses adeptes les arts magiques, l’emploi des herbes et leurs propriétés, ainsi que la façon de dénouer les maléfices. Ensuite, toujours de nuit, suivie de toutes les participantes au « jeu », la Dame s’envolait et si dirigeait vers les maisons des riches, où elle s’arrêtait pour manger et boire les restes des repas. Lorsque les maisons étaient bien tenues, Orient-Diane offrait sa bénédiction à la famille et favorisait la bonne

conduite des affaires domestiques.

 

Les Fées et les Sorcières dans les Pays Nordiques :

 

Les différents cultes païens décrits ci-dessus ne diffèrent guère des croyances liées aux fées en France et dans les pays nordiques par exemple, où la mythique Holda, une jeune fée très belle, protégeait les fileuses (métier attribué depuis toujours aux sorcières), les mères de famille et leurs foyers, assistait aux accouchements, soignait et guérissait les maladies des enfants, des hommes, des animaux et

présageait de bonnes récoltes.

Cependant, avec le temps, la belle fée Holda commença à apparaître parfois sous l’aspect d’une vieille mégère, sombre présage d’événements futurs qui, avec l’avancée de la nouvelle religion chrétienne, allait altérer l’image de la créature très belle et très bonne et la remplacer par celle d’une horrible femme maléfique

affligée des traits sinistres d’une sorcière.

Les croyances, les cultes et les traditions populaires, de même que la communauté de Diane, furent considérés comme des manifestations païennes et, de ce fait, bannis et condamnés par l’Eglise qui assimilait les divinités des cultes non chrétiens à Satan. C’est pourquoi elle les diabolisa, transformant

les adeptes en suppôts du diable, coupables des pires ignominies.

 

(Source : D’après une œuvre d’Isa Donelli ; http://liberdraconis.grafbb.com/t710-les-sorcieres-dans-lantiquite)

 



19/04/2018
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