IL Y AVAIT UNE SORCIERE

IL Y AVAIT UNE SORCIERE

UN PEU D'HISTOIRE


FIGURES DE SORCIERE : émission radiophonique

Une série de 4 émissions sur France culture au sujet de la figure des sorcières

 

PREMIER EPISODE :

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/sorcieres-14-chasse-aux-sorcieres

 

 

Avec par ordre d’apparition :

  • Robert Muchembled, historien, professeur honoraire des universités de Paris
  • Pierre Fluckiger, archiviste d’état de Genève
  • Michel Porret, professeur d’histoire moderne à l’université de Genève
  • Marianne Closson, maîtresse de conférence en littérature du 16e siècle de l’université d’Artois
  • Nicole Jacques-Lefèvre, professeure émérite des universités. A longtemps dirigé une équipe de recherche sur l’histoire textuelle de la sorcellerie à l’ENS de Fontenay aux Roses
  • Nathalie Coilly, conservatrice à la Bibliothèque nationale de France, responsable des incunables
  • Jean-Michel Sallmann, historien, professeur d’histoire moderne à l’université de Paris Nanterre
  • Arlette Farge, historienne du 18e siècle, directrice de recherches au CNRS
  • Jacob Rogozinski, philosophe, professeur à l’université de Strasbourg

Lectures du procès de Michée Chauderon : Elina Löwensohn et Richard Bohringer 

 

 

DEUXIEME EPISODE :

 

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/sorcieres-24-sorcellerie

 

Avec par ordre d’apparition :

  • Martine Ostorero, professeur d’histoire médiévale associée à l’université de Lausanne
  • Carlo Ginzburg, historien, professeur émérite à Pise et à Los Angeles
  • Katell, sorcière
  • Céline Chanas, directrice du musée de Bretagne, Champs Libres à Rennes
  • Jeanne Favret-Saada, anthropologue, directrice d’études honoraire à l’EHESS

 

TROISIEME EPISODE :

 

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/sorci%C3%A8res-34-figures-de-sorci%C3%A8res

 

Avec, par ordre d’apparition :

  • Marianne Closson, maîtresse de conférence en littérature du 16e siècle de l’université d’Artois
  • Nicole Jacques-Lefèvre, professeure émérite des universités
  • Philippe Rouyer, collaborateur à Mauvais Genres, critique de cinéma à la revue Positif
  • Maxime Préaud, conservateur honoraire des bibliothèques
  • Latifa Laâbissi, chorégraphe et danseuse
  • Christophe Chabouté, auteur et dessinateur de bandes dessinées
  • Fausto Fasulo, collaborateur à Mauvais Genres, rédacteur en chef à Mad Movies

Lecture de « La Sorcière » de Jules Michelet faite par Elina Löwensohn 

 

QUATRIEME EPISODE :

 

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/sorcieres-44-sorcieres-nature-et-feminismes

 

 

 

Avec :

  • Xavière Gautier, journaliste, éditrice, philosophe, chercheuse au CNRS, créatrice de la revue « Sorcières »
  • Christelle Enault, artiste
  • Isabelle Cambourakis, éditrice, créatrice de la collection « Sorcières » aux éditions Cambourakis
  • Starhawk, sorcière, auteure, écoféministe, activiste
  • Camille Ducellier, sorcière, réalisatrice et plasticienne
  • Une sorcière anonyme du Witch Bloc d’Aix-Marseille

 

 

 

 

 

 

 


19/04/2018
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LA CHASSE AUX SORCIERES

Ce que je retiens des émissions sur la chasse aux sorcières par France culture

cf. ici : https://il-y-avait-une-sorciere-en-pratique.blog4ever.com/la-chasse-aux-sorcieres  :

 

Période de la chasse aux sorcières :

 

1560 - 1660 [Donc pas au Moyen Âge - Crime officialisé -]

 

Qui a accusé et condamné les sorcières :

en France, ce sont les pouvoirs laics de ces périodes (pouvoirs princier, royal) qui ont condamné les sorcières sur la base des écrits des  démonologues (= Gens d'eglise, spécialistes de la science du Diable ayant écrit des traités de chasse aux sorcières)

 

Ces intellectuels, gens d'Eglise ont accusé la femme d'être sorcière sur 3 critères :

 

  • dirigé essentiellement contre les femmes et les vieilles femmes (elle porte la marque physique du démon car initiée par ce dernier)
  •  rend des cultes cachés de nuit dans des endroits écartés que l'on nomme sabbat (=cérémonie diabolique soit une messe à l'envers)
  • elle repart à la maison après les sabbats et est censée faire le plus mal possible autour d'elle en restant cachée aux yeux de tous.

 

Le Marteau des sorcières ou Malleus Maleficarum = manuel de lutte contre l'hérésie et en particulier les sorcières rédigé par deux inquisiteurs nommés.

La femme est à l'origine de la perversion des êtres humains.

Large diffusion de ce manuel pour l'époque.

Permet d'éradiquer tout ce qui est magique (toutes ces croyances animistes en particulier dans les campagnes) dans la société.

 

L'Eglise a inventé un ennemi mythique :

En particulier les vieilles femmes des villages (peu de citadines et peu d'hommes ont été pourchassé)

 

La femme est considérée largement comme inférieure à l'homme par nature. La femme est un danger extraordinaire quand elle n'est pas asujettie par l'homme. Ces vieilles femmes représentent lors des dangers car ne sont plus sous tutelle masculine.

La vieille femme est de plus une guérisseuse et vit plus longtemps que l'homme. On les accuse d'être des tueuses d'enfant sans baptême car la femme est par nature mauvaise, diabolique, cruelle...

 

Une personne est accusée et puis celle-ci est torturée jusqu'à ce qu'elle avoue ; enfin celle-ci accuse à son tour d'autres personnes.

Parce que c'est une hérésie la sorcière est brûlée effacant toute trace de la personne, elle disparait de l'humanité !

 

Le procès est toujours à charge !

 

Le corps de la sorcière

 

Les preuves de sorcellerie par le corps :

 

La preuve par l'eau (d'origine populaire et repris par les intellectuels)

on la dénude, on la jette à l'eau : si elle flotte elle est sorcière, si elle coule elle est normale.

 

 Elle est supposé voler dans les airs car plus légère que l'air ; en Hollande, on pesait les sorcières pour voir si le poids était très inférieur à leur apparence corporelle c'est la preuve de la sorcellerie .

 

Elle est censée porter la marque du Diable : c'est une griffe du démon faite dans un endroit quelconque du corps de la femme (un peu importe l'endroit).

 

Le corps de la sorcière n'est pas normal.

 

Dualité de l'image de la sorcière, 2 visages antithétiques de la femme toujours présente aujourd'hui dans la littérature en particulier :

La beauté du diable  // la vieille sorcière, laide [= c'est la femme isolée, veuve qui pourrait porter malheur parce qu'elle n'a pas de famille - Image antique de la vieille entremeteuse pour se faire aimer ou pour permettre à une personne de se faire aimer] : 

ce pourrait être les deux visages d'une même personne.

 

La marque du diable est déposée sur le corps de la sorcière ou du sorcier lors du coït avec le Diable (dissimulée dans les endroits les plus répugnants possibles comme le vagin, l'anus, la bouche en somme,  les lieux de coïts)

 

L'objectif de cette chasse : éradiquer les sorcières qui ont le désir de tout détruire et en particulier l'Eglise afin de mettre en place le culte de Satan, pervertir le pouvoir. C'est l'imaginaire, la représentation d'un fantasme de complot (la théorie du complot) de sorcier qui souhaite tout détruire... impulsé en particulier par Jean BODIN

 

La Sorcière c'est celle qui jette des sorts, des sortilèges et pendant cette période qui commet des orgies, mange des enfants...

Elle se voue au Diable et n'est plus la simple jeteuse de sort mais une démoniaque qui effraie tout un chacun.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


19/04/2018
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LES SORCIERES DANS L'ANTIQUITE

Magie et Surnaturel :

 

La figure de la sorcière est présente depuis l’âge de pierre : dans les cultes rendus à la déesse mère, des rites agraires étaient pratiqués en hommage à la nature pour favoriser la fertilité de la terre, qui concédait la vie et la mort en un cycle perpétuel. Pour l’homme primitif, les profondeurs de la Terre renfermaient des forces mystérieuses et inconnues dominées par le soleil, source de vie et d’énergie, et par la lune, souveraine incontestée de la nuit au changement de saison, phase durant laquelle la nature sombrait dans un

sommeil profond.

L’homme primitif ignorait qu’il négociait avec le surnaturel, et il pensait œuvrer de manière très naturelle en exploitant les forces de l’Univers. Par la suite, ces forces furent considérées comme un outil de magie : l’art de maîtriser les forces occultes de la nature en les soumettant à sa propre domination, pour tirer profit de leur puissance au bénéfice ou au détriment des hommes, des animaux ou

des objets.

Les arts de la magie sont nés en même temps que la pensée humaine. En tout lieu, chaque peuple, au cours de son histoire, a adoré ou vénéré des divinités et des démons. Tout comme il y eut des prophètes, des magiciens, des sorcières, des devins et des saints, auxquels on attribuait des qualité supérieures dues à leur savoir antique des pratiques, des rites, des incantations, des cérémonies à caractères magiques et religieux, et à leurs expérience et leur connaissance des mélanges d’herbes et de pierres, des décoctions, des onguents, des médicaments ou des élixirs et de la façon de les préparer. De telles aptitudes leur garantissaient une relation directe et privilégiée avec le divin, car ils entraient en contact avec les démons et une multitude d’êtres fantastiques ou appartenant au monde animal,

végétal ou minéral, ainsi qu’avec les esprits des défunts.

 

Certains pensent d’ailleurs que de nombreuses gravures des cavernes du paléolithique représentent des rituels à visées magiques.

Dans l’Ancien Testament (I, Samuel, XXVIII, 1-25), face à la demande pressante du roi Saül qui se trouvait en grande difficulté à la veille d’une bataille, la magicienne de la ville d’Endor utilisa le rituel de la coupe pleine d’eau (équivalent de la boule de cristal) pour évoquer l’esprit du prophète Samuel, mais elle se fit d’abord promettre l’impunité car le roi avait auparavant banni du pays tous les magiciens

et les devins.

Les enchantements, les sortilèges et les arts divinatoires furent prédominants chez les Assyriens, les Egyptiens, les Phéniciens et les Grecs. On a retrouvé des papyrus magiques datant du IIe siècle avec J.-C. et dédiés à Isis, la déesse suprême de l’Egypte, archétype de la sorcellerie de toutes les époques et adorée au Moyen-Orient, en Grèce et dans tout le Bassin Méditerranéen. Ces documents donnent une « recette » permettant de « diagnostiquer » le mauvais œil en utilisant de l’huile et de l’eau, une pratique encore

utilisée de nos jours par ceux qui officient dans les arts de la magie.

 

Des nombreuses fouilles archéologiques romaines réalisées, il ressort que l’instrument le plus fréquemment utilisé pour œuvrer en magie, notamment maléfique, fut la defixio, sorte de tablette de plomb sur laquelle on gravait la malédiction qui devait frapper la victime. Ces tablettes, accompagnées de phrases rituelles magiques, de petits objets divers, ou de statuettes transpercées d’aiguilles, étaient généralement placées à l’intérieur des sépultures ou enterrées à proximité d’un

cimetière.

 

 

 

Portrait de la Sorcière :

 

L’interprétation de la représentation de la sorcière, écartelée entre le mythe et la réalité, a toujours été synonyme de contradictions et d’aspects multiples ; elle est enchanteresse, très belle et fascinante, comme ces magiciennes par antonomase que sont Circée et Médée, ou la terrible nymphe Egée dont les immenses pouvoirs occultes étaient consacrés à des rituels érotiques déchaînés. Mais c’est aussi une mégère d’aspect effrayant, maléfique et capable de changer d’apparence, comme les striges et les lamies, qui enlevaient les enfants nouveau-nés et dévoraient les hommes ; ou comme Lilith, le démon-vampire de la

tradition hébraïque.

Ces êtres, que leur nature même rendait extrêmement pervers, n’éprouvaient de plaisir qu’en faisant le mal, partout et à l’encontre de tous, et ils étaient assistés dans leurs

pratiques maléfiques par de puissants démons.

Au Moyen Age, l’image des femmes dépositaires de l’antique savoir de ces guérisseuses qui soulageaient les douleurs morales et physiques du peuple fut altérée et marquée du sceau des figures nocturnes abjectes décrites ci-dessus ; l’on en fit des sorcières malfaisantes, des femmes perfides, complices, succubes et maîtresse de Satan, capables d’accomplir toute sorte

d’infamie ou de délit.

Avec le soutien de la superstition, la sorcière fut alors associée à une créature démoniaque : maléfique et capable de provoquer des bouleversements météorologiques, des épidémies et des famines, elle pouvait modifier constamment son apparence ainsi que celle des autres, prendre l’apparence d’animaux monstrueux et se changer en oiseau de proie ou en chauve-souris pour voler la nuit, pénétrer dans les maisons et tuer les nouveau-nés dont elles buvaient le

sang.

 

Le Nom :

 

Strige : C’est dans une citation du poète Properce, qui vécut à Rome de 60 à 20 avant J.-C., que l’on rencontre pour la première fois cette référence aux chimères mi-chouettes mi-vampires, terme utilisé ensuite pour désigner les sorcières. Le mot « sorcière » vient du latin strix et du bas latin sortiarius, sors, sortis. Au pluriel, le mot « striges » désigne les effraies, ces oiseaux nocturnes qui poussent des cris terrifiants. Dans son œuvre intitulée Les Fastes, le poète latin Ovide (Sulmona, Italie, 43 avant J.-C. – 18 après J.-C.) en fait une description éloquente : « Il existe des oiseaux avides […], avec une grosse tête, des yeux fixes, un bec de rapace et des plumes blanches […]. On dit qu’ils arrachent les viscères des nourrissons avec leur bec, et qu’ils s’emplissent l’estomac de leur sang. On les appelle striges, et leur nom vient de ce qu’ils crient la nuit de manière horrible. Ou ils naissent oiseaux ou le deviennent par enchantement, ou

bien la litanie des Mars change les vieilles en oiseaux » (Les Fastes, VI, 133-142).

Les Mars étaient un peuple d’une région d’Italie centrale, appelée encore aujourd’hui Marsica, considérée avec l’Etrurie (la Toscane moderne) comme le lieu d’origine des sorcières, alors que l’on pensait que leur «

partie » était une zone comprise entre la Thessalie et la Thrace.

La nuit, les striges se transformaient en chauves-souris (le seul mammifère doté de mamelles et capable de voler) et partaient à la recherche des maisons où se trouvaient des nourrissons, qu’elles

allaitaient dans le seul dessein de les empoisonner.

 

Les Transformations en Animaux et les Sociétés de Diane :

 

Dès l’Antiquité, o a attribué aux sorcières le pouvoir de se transformer en

animaux ou en autres êtres grâce à leurs connaissances magiques.

Parmi les nombreux cultes païens liés à la société de Diane émerge celui de la nymphe Egérie, la divinité des fontaines, magicienne célèbre et prophétesse qui se rendait à des réunions nocturnes habillée en chèvre

(le nom allemand de la sorcières est Hexe, qui se réfère au grec aix, qui signifie « chèvre »).

Il semble d’ailleurs que les bacchantes, adeptes du dieu Bacchus, se vêtaient de peaux de chèvre et portaient des masques figurant des têtes de cerfs et des béliers ; après des libations abondantes, elles se

laissaient aller à des danses effrénées, lascives et érotiques.

Le déguisement et les masques qui accompagnaient souvent les représentations rituelles ont profondément ancré dans l’imaginaire populaire la conviction que les sorcières, grâce à leur art et à la complicité des démons, pouvaient réellement prendre l’apparence

d’animaux (chats, chiens, oiseaux), de monstres, etc…

 

Le Canon Episcopi et le Mythe de Diane :

 

Le culte de Diane fut le plus important et le plus fréquent des cultes païens qui existaient encore au Moyen Age. Diane représentait et incarnait Hécate, déesse de la magie et de la nuit, grande prêtresse en sorcellerie qui requérait le soutien des fantômes et des spectres. Invoquée par tous les mages pour des sortilèges, adorée au cours des cultes mystérieux et souvent cruels, elle apparaissait la nuit, tenant en main une torche allumée, et accompagnée de loups, de juments et de

chiens.

Le Canon episcopi, un capitulaire précédant de plusieurs siècles le [Malleus maleficarum[/i] (ou « Marteau des sorcières », 1486, célèbre traité destiné aux inquisiteurs), écrit au XIe siècle par les bénédictin Regione de Prum, contenait une série de questions que les ministres de l’Eglise devaient poser aux pénitents ou cours de la confessions. L’une d’elles se référait notamment aux vols de nuit à cheval sur des animaux, destinés à de rendre en groupe aux fêtes

dédiées à la déesse Diane.

 

 

Canon episcopi

 

« As-tu cru ou as-tu participé à cette superstition dont sont victimes certaines femmes scélérates, adeptes de Satan et trompées par des illusions diaboliques ? Elles prétendent et déclarent chevaucher certains animaux, aux heures les plus sombres de la nuit et en compagnie de nombreuses autres femmes et de la déesse païenne Diane, parcourir à la faveur du silence des distances immenses, obéir aux ordres de la déesse comme s’il s’agissait de leur maîtresse, et être à son service au

cours de nuits bien déterminées. »

Certains documents retrouvés concernant les procès en sorcellerie et datant de 1300 retranscrivent les confessions des suspectes, qui racontaient s’être rendues toutes les nuits du jeudi au vendredi aux réunions de la « Dame Orient », appelée aussi Diane. Durant ces réunions. Appelées « jeu » (le sabbat). De nombreux animaux étaient tués, cuisinés et mangés ; leurs os étaient ensuite replacés dans la peau et les animaux revenaient à la vie grâce à un coup de baguette magique de Dame Orient. Cette dernière enseignait à ses adeptes les arts magiques, l’emploi des herbes et leurs propriétés, ainsi que la façon de dénouer les maléfices. Ensuite, toujours de nuit, suivie de toutes les participantes au « jeu », la Dame s’envolait et si dirigeait vers les maisons des riches, où elle s’arrêtait pour manger et boire les restes des repas. Lorsque les maisons étaient bien tenues, Orient-Diane offrait sa bénédiction à la famille et favorisait la bonne

conduite des affaires domestiques.

 

Les Fées et les Sorcières dans les Pays Nordiques :

 

Les différents cultes païens décrits ci-dessus ne diffèrent guère des croyances liées aux fées en France et dans les pays nordiques par exemple, où la mythique Holda, une jeune fée très belle, protégeait les fileuses (métier attribué depuis toujours aux sorcières), les mères de famille et leurs foyers, assistait aux accouchements, soignait et guérissait les maladies des enfants, des hommes, des animaux et

présageait de bonnes récoltes.

Cependant, avec le temps, la belle fée Holda commença à apparaître parfois sous l’aspect d’une vieille mégère, sombre présage d’événements futurs qui, avec l’avancée de la nouvelle religion chrétienne, allait altérer l’image de la créature très belle et très bonne et la remplacer par celle d’une horrible femme maléfique

affligée des traits sinistres d’une sorcière.

Les croyances, les cultes et les traditions populaires, de même que la communauté de Diane, furent considérés comme des manifestations païennes et, de ce fait, bannis et condamnés par l’Eglise qui assimilait les divinités des cultes non chrétiens à Satan. C’est pourquoi elle les diabolisa, transformant

les adeptes en suppôts du diable, coupables des pires ignominies.

 

(Source : D’après une œuvre d’Isa Donelli ; http://liberdraconis.grafbb.com/t710-les-sorcieres-dans-lantiquite)

 


19/04/2018
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Procès en sorcellerie : tragique destin d’une « petite sorcière » au XVIIe siècle

Le XVIIe siècle est émaillé de procédures d’où ressort une grande foi en la sorcellerie, tant du peuple que des magistrats chargés de l’administrer et de poursuivre sans pitié les personnes convaincues du « détestable crime de sorcellerie, magie et semblables inventions diaboliques ».

 

Les archives du nord de la France nous révèlent par exemple le tragique destin de Marie, petite « sorcière » d’une dizaine d’années habitant le village de Préseau.

 

Trois sorcières sur le bûcher

Trois sorcières sur le bûcher

 

Il est un fait dont les annales ont conservé tous les détails, et qui mérite d’être relaté avec quelques développements. Une jeune fille (car il est à remarquer que presque tous les personnages accusés de sorcellerie appartiennent au sexe le plus faible qui semble appelé, en diverses occasions à remplacer la force par la ruse), une jeune fille donc, nommée Marie Carlier, naquit en 1630, au village pittoresque de Préseau (Nord), situé entre les villes de Valenciennes et du Quesnoy.

 

Sa mère habitait une modeste chaumière ombragée par les hautes murailles du vieux château possédé jadis par les illustres maisons de Mérode et de Beaufort : cette femme, dont on ne connaissait pas le mari, avait dans la contrée une réputation faite en sorcellerie ; la petite Marie devait être une sorcière de pur sang ; aussi fut-elle, au dire des gens de l’endroit, initiée de bonne heure dans les secrets de la magie et les mystères sataniques. Voici ce que raconte à cet égard la procédure dont elle devint plus tard l’objet.

Le 20 novembre 1639, la jeune Marie, alors âgée de 9 ans, retournant avec sa mère de Valenciennes à Préseau, un samedi jour de marché, aperçut de loin un gros de soldats qui erraient par la campagne ; c’étaient des coureurs Français de la garnison de Landrecies qui profitaient du repos de l’hiver pour mettre le temps à profit, et qui, vrais corsaires de terre ferme, rançonnaient sans lettres de marque, tous les habitants qu’ils rencontraient isolément. L’endroit paraissait merveilleusement choisi pour des détrousseurs de passants ; c’était au lieu dit les Fontinettes, dans un endroit désert et enfoncé au dessus du village de Marly. Les soldats, oubliant leur qualité de militaires et de Français, dévalisèrent les deux pauvres femmes et emportèrent tout ce qu’elles possédaient.

 

La petite Marie se désolait, non de cette perte qu’elle ne comprenait pas, mais de l’affliction où elle voyait sa mère, quand celle-ci l’arrêta court dans un lieu où le chemin est aride et profondément creusé par lés ravins, sécha tout-à-coup ses larmes et lui dit : « Ma fille, veux-tu servir une belle demoiselle à laquelle toi obéissant toujours, tu seras en repos et à ton aise toute ta vie ? — Oui, mère, fit la petite. »

A l’instant même une elle dame, vêtue de blanc, apparut devant elle sans qu’elle eut pu voir d’où elle sortait, et lui renouvela la même question en ajoutant à sa demande si elle renoncerait à crême et à baptême ; ce qu’ayant fait incontinent la petite, la dame blanche la marqua au bras, non sans une grande douleur de la part de Marie, selon le rapport qu’elle en fit. Le même jour, elle fut rencontrée, dit l’instruction, par quelque diable qui avait pris la forme d’un serviteur nommé Joly, lequel la déshabilla, l’oignit d’un certain onguent diabolique, puis la conduisit à la danse où se trouvait sa mère et d’autres femmes. D’après sa confession, Marie resta l’espace de deux ans tranquille et sans user de maléfice.

A I’âge de onze ans, elle revit son diable Joly, qui lui fit réitérer sa renonciation au baptême et au saint-crême, et lui remit une poudre précieuse pour accomplir tout sortilège. Marie vint alors demeurer à Valenciennes chez un sien beau-frère, habitant sur la paroisse Saint-Jacques et qui avait deux fils. Ce parent l’ayant fortement battue un jour pour quelque désobéissance, elle conçut des projets de vengeance contre lui et, pour essayer son pouvoir magique, elle fit languir l’un de ses fils à l’aide de sa poudre, et donna la mort à l’autre.

Peu de jours après, elle voulut faire ses Pâques en l’église Saint-Jacques sa paroisse ; elle se confessa au chapelain, comme cela fut prouvé par le registre de l’église, mais au moment d’avaler la sainte hostie, il sembla qu’une puissance surnaturelle s’opposait à son introduction dans le corps d’une sujette de Satan ; elle fut obligée de la rejeter de sa bouche pour la cacher sous une pierre. En outre, elle confessa d’avoir cohabité plusieurs fois avec son diable Joly.

Elle déclara aussi qu’à la suite de quelque mécontentement, elle souffla un peu de sa poudre dans la bouche de la fille de la veuve Pésin, marchande de draps demeurant dans la rue Cardon ( aujourd’hui rue du Quesnoy), laquelle depuis ce temps partit possédée et fut diverses fois exorcisée dans l’église des révérends pères Jésuites, non sans une grande admiration du peuple Valenciennois qui se portait en foule à ce spectacle édifiant. Elle a fait languir plusieurs enfants, voire même mourir la fille de l’aumônier Hallier et d’autres encore, soit par haine, soit par jalousie.

 

Tous ces faits, énumérés dans l’instruction, avaient pris quelque consistance dans un public crédule et passablement ignorant ; ils avaient été répétés parmi le bas-peuple, exagérés par les béates craintives et cancanières ; bref, ils attiraient déjà l’attention des autorités civiles et ecclésiastiques sur la brune Marie, quand un dernier fait, plus positif que tous les autres, vint décider son arrestation.

 

Le 4 octobre 1643, jour de Saint-François, Marie ayant une velléité de se confesser, se rend à l’église et entre dans un confessionnal ; parvenue là, sa langue se glace dans sa bouche, sa parole refuse à se faire entendre ; elle ne peut prononcer un seul mot, si bien qu’elle est obligée de battre en retraite devant cette nouvelle marque de la puissance du démon. Sortie de l’église, et voyant que son diable qui l’avait empêchée de faire sa confession, la moleste encore, elle déclare elle-même aux pauvres qui se tenaient sous le porche du temple qu’elle est ensorcelée.

Elle veut entrer dans le parloir des Récollets pour demander des secours aux Révérends frères contre le mal dont est elle atteinte ; ceux-ci accueillent sa confiance et la consolent spirituellement. Elle se retire alors plus calme, du moins en apparence, et va trouver un échevin en lui répétant qu’elle est ensorcelée, qu’elle a fait mourir son neveu et d’autres enfants de la ville.

 

Le magistrat la voyant si jeune et si petite (elle avait alors treize ans), hésite de l’appréhender au corps, mais cependant dans l’intérêt du bien public , pour la décharge de sa conscience et surtout pour satisfaire aux ordres de la cour, il la fait conduire à la prison de la ville où elle continua ses aveux en déclarant avoir usé de maléfice envers la fille Pésin à l’aide d’une poudre qu’elle avait cachée dans les draps de sa boutique , où l’on pourrait encore en trouver un paquet. En effet, un zélé père Jésuite, envoyé chez la mère Pésin, rapporta le paquet de poudre.

Cette malheureuse enfant, qu’on aurait dû mettre entre les mains d’un médecin instruit et prudent, plutôt que de la livrer au bras séculier, resta un an et demi en prison tandis qu’on envoya toutes les pièces de son procès aux universités de Douai et de Louvain, où les docteurs Wallons et Flamands s’évertuèrent longtemps sur cette cause délicate. Les facultés de médecine, les seules compétentes vu l’âge de la jeune fille, ne furent même pas consultées.

On fit passer les avis des théologiens et des légistes à la cour de Bruxelles qui manda sans délai au magistrat de Valenciennes de faire exécuter Marie secrètement, vu sa jeunesse et sa petitesse. Le secret de l’exécution fut tout l’adoucissement qu’on crut devoir apporter à l’âge tendre de l’accusée et à son tempérament délicat. Il ne s’agissait pas d’atténuer la peine, mais seulement d’éviter d’émouvoir le public et d’exciter une pitié qui pût devenir embarrassante pour l’autorité.

D’après ces ordres cruels, un beau matin de l’année 1645, les magistrats de Valenciennes se levèrent avant le jour, comme pour mettre à fin une entreprise utile, et se portèrent en corps vers la cour Saint-Denis, derrière l’Hôtel de Ville dont l’aurore dorait à peine les plus hautes murailles. Là la jeune Marie Carlier fut extraite du cachot où elle languissait depuis dix-huit mois, et amenée devant l’échafaud chargée de plus de fers qu’elle n’en pouvait porter. Elle venait précisément d’atteindre sa quinzième année, et ce jour, qu’elle aurait dû solenniser comme celui d’une fête de printemps qui ouvrait pour elle la vie de jeune fille, elle ne devait plus le voir finir.

Le bourreau de la ville s’empara de sa tendre victime ; il parvint sans de grands efforts à la bâillonner, ses cris étant la seule opposition qu’elle eut pu mettre à ses desseins ; puis il l’attacha fortement à un pilori élevé dans la cour de la torture dont les portes avaient été soigneusement fermées pour rendre l’exécution plus sûre et plus secrète. L’on vit alors la douleur du serrement des cordes rappeler pour un moment, sur le visage décoloré de Marie, la couleur de la santé. Elle ne dura qu’un instant : l’exécuteur releva d’une main sa longue chevelure et de l’autre, d’un coup de son damas, il sépara du tronc la tête de la jeune fille au moment où le premier rayon du soleil levant venait de l’éclairer.

Le soir, on fit enlever le corps de la petite sorcière, comme on l’appelait, et on l’enterra à petit bruit et à la lueur des torches dans un fossé près l’Attre-Gertrude, sur le glacis de la ville entre les portes Cambrésienne et Cardon, lieu qui était déjà de funeste mémoire dont la terre paraissait destinée à recouvrir toutes les grandes infortunes.

 


19/04/2018
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